Emma'Nutri • Alimentation et thyroïde
Hashimoto et alimentation : que manger pour mieux vivre avec la maladie ?
Lorsqu'on vit avec la thyroïdite d'Hashimoto, on se pose souvent beaucoup de questions sur l'alimentation. Faut-il arrêter le gluten ? Supprimer les produits laitiers ? Éviter le soja ou les choux ? Certains aliments peuvent-ils soutenir le fonctionnement de la thyroïde ?
On trouve de nombreux conseils sur Internet, parfois contradictoires. Et il n'est pas toujours facile de savoir ce qui est réellement utile.
L'alimentation contribue à couvrir nos besoins nutritionnels et peut aider à améliorer certains inconforts du quotidien. L'essentiel est de construire une alimentation adaptée à ses besoins, sans multiplier inutilement les interdictions.
1. Hashimoto : pourquoi s'intéresser à l'alimentation ?
La thyroïdite d'Hashimoto est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s'attaque à la glande thyroïde. Progressivement, celle-ci peut ne plus produire suffisamment d'hormones thyroïdiennes.
Elle peut notamment s'accompagner de fatigue, de difficultés de concentration, de constipation, de frilosité ou encore d'une prise de poids.
Le traitement médical, lorsqu'il est nécessaire, permet de compenser le manque d'hormones thyroïdiennes. Mais certaines personnes continuent à ressentir des symptômes et s'interrogent sur leurs habitudes de vie.
L'alimentation permet notamment de veiller aux apports en protéines, fibres, vitamines, minéraux et acides gras essentiels. Elle peut aussi contribuer au confort digestif et à l'équilibre alimentaire général.
2. Les nutriments importants pour le fonctionnement de la thyroïde
L'iode : indispensable, mais attention aux excès
L'iode est nécessaire à la fabrication des hormones thyroïdiennes T4 et T3. On le retrouve notamment dans les poissons de mer, certains fruits de mer, les œufs et les produits laitiers.
Chez les personnes ayant Hashimoto, les apports excessifs sont à éviter. Certaines algues, comme le kombu, peuvent contenir des quantités très élevées et variables d'iode. Il ne faut ni rechercher des apports élevés, ni prendre de supplémentation iodée sans avis médical. L'objectif reste de couvrir ses besoins sans excès.
La L-tyrosine : un acide aminé essentiel à la synthèse des hormones thyroïdiennes
La tyrosine est un acide aminé qui participe directement à la fabrication des hormones thyroïdiennes T4 et T3. Au sein de la thyroïde, l'iode se fixe sur des résidus de tyrosine présents dans une protéine appelée thyroglobuline, permettant la synthèse de ces hormones.
La tyrosine est présente dans de nombreux aliments riches en protéines : les œufs, les poissons, les viandes, les produits laitiers, le soja et les légumineuses. L'organisme peut également la fabriquer à partir d'un autre acide aminé, la phénylalanine.
Une alimentation apportant suffisamment de protéines contribue généralement à couvrir les besoins en tyrosine.
Le sélénium : un rôle dans le métabolisme thyroïdien
Le sélénium intervient dans des enzymes participant au métabolisme des hormones thyroïdiennes et à la protection antioxydante de l'organisme. On en trouve dans les poissons, les fruits de mer, les viandes, les œufs et les noix du Brésil.
Les noix du Brésil peuvent être très riches en sélénium, avec des teneurs variables : il n'est donc pas utile d'en consommer de grandes quantités. La supplémentation n'est pas systématique.
Le zinc : un micronutriment à ne pas négliger
Le zinc participe à de nombreuses réactions enzymatiques et au fonctionnement normal du système immunitaire. Ses sources comprennent les huîtres, les autres fruits de mer, les viandes, les graines de courge, les noix de cajou et les légumineuses.
Le fer : important aussi pour l'énergie
Le fer contribue notamment au transport de l'oxygène. Des réserves insuffisantes peuvent participer à une fatigue persistante, indépendamment de la thyroïde. Le fer est également nécessaire à la bonne synthèse des hormones thyroïdiennes
On en trouve dans les viandes, les fruits de mer et les légumineuses. Associer les sources végétales à des aliments riches en vitamine C peut favoriser son absorption. Une supplémentation doit être justifiée par une évaluation médicale.
Les vitamines A, B9, B12 et D
- Vitamine A : présente notamment dans certains aliments d'origine animale ; les carottes, les patates douces et les légumes verts apportent des précurseurs comme le bêta-carotène.
- Vitamine B9 : présente dans les légumes à feuilles, les légumineuses et certains fruits.
- Vitamine B12 : apportée principalement par les aliments d'origine animale et importante pour le fonctionnement neurologique et la formation des globules rouges.
- Vitamine D : importante pour la santé osseuse et le fonctionnement immunitaire ; son statut dépend notamment de l'exposition au soleil et des apports.
Veiller à un apport suffisant est important, mais prendre davantage de vitamines ne signifie pas que la thyroïde fonctionnera mieux.
3. Quelle alimentation privilégier au quotidien ?
Faire une place importante aux végétaux
Les légumes et les fruits apportent des fibres, des vitamines, des minéraux et différents composés antioxydants. Varier les couleurs et les familles végétales permet de diversifier les apports :
- Légumes verts : épinards, courgettes, brocolis, haricots verts.
- Légumes colorés : carottes, courges, poivrons.
- Fruits : baies, pommes, agrumes et fruits de saison.
- Légumineuses : lentilles, pois chiches et haricots.
- Oléagineux et graines : noix, amandes, lin, chia et courge.
Il n'est pas nécessaire de tout manger cru. Les légumes cuits ont toute leur place, notamment lorsqu'ils sont mieux tolérés sur le plan digestif. On fera cependant attention à leur cuisson. Privilégier la cuisson vapeur.
Choisir des matières grasses de qualité
Les sardines, les maquereaux, les harengs et le saumon apportent des oméga-3 à longue chaîne, notamment l'EPA et le DHA. Les noix et les graines de lin ou de chia apportent de l'acide alpha-linolénique (ALA), un autre oméga-3.
L'huile d'olive est intéressante en cuisine et en assaisonnement ; les huiles de colza et de noix peuvent aussi être utilisées pour les assaisonnements.
Veiller à des apports suffisants en protéines
Les protéines participent à l'entretien musculaire et au fonctionnement de l'organisme. Les sources peuvent être variées : poissons, œufs, volailles, légumineuses, tofu, selon les préférences et les besoins de chacun.
Réduire les aliments ultra-transformés
Limiter la consommation régulière de boissons sucrées, de charcuteries et de certains aliments ultra-transformés peut contribuer à améliorer la qualité globale de l'alimentation. Un aliment consommé occasionnellement ne provoque pas automatiquement une inflammation ou une aggravation d'Hashimoto.
4. Gluten, produits laitiers et soja : faut-il les supprimer ?
Le gluten
Le gluten est souvent présenté comme un aliment à supprimer systématiquement avec Hashimoto. Chez de nombreuses personnes atteintes d’Hashimoto, le gluten et, parfois, les produits laitiers peuvent déclencher une réaction inflammatoire. Une éviction temporaire du gluten peut être envisagée dans certaines situations, après évaluation individuelle. Évitez le gluten moderne (blé) voire, faites une éviction de tous les types de gluten (blé, orge, avoine, épeautre, petit épeautre, kamut) le temps de comprendre d’où peut venir votre inflammation. Attention à ne pas supprimer le gluten avant un éventuel bilan de maladie coeliaque.
La maladie cœliaque est toutefois plus fréquente chez les personnes atteintes de certaines maladies thyroïdiennes auto-immunes. Lorsqu'elle est diagnostiquée, l'exclusion stricte du gluten est nécessaire.
En cas de symptômes évocateurs, il est préférable de consulter avant de supprimer le gluten, afin de ne pas fausser les examens de dépistage.
Les produits laitiers
Les produits laitiers sont également pro-inflammatoires. Certaines personnes peuvent également présenter une intolérance au lactose.
En cas d'exclusion, il faut veiller à maintenir des apports suffisants en calcium et en autres nutriments.
Le soja
Le soja n'est pas automatiquement contre-indiqué. Il peut néanmoins diminuer l'absorption de la lévothyroxine lorsqu'il est consommé trop près de la prise du médicament. Le moment de consommation et la régularité des habitudes alimentaires va compter ainsi que les éventuelles carences micronutritionnelles.
5. Peut-on manger des choux et des brocolis avec Hashimoto ?
Les crucifères, tels que le brocoli, le chou-fleur, le chou kale ou le chou de Bruxelles, sont parfois qualifiés de « goitrogènes ». Ils contiennent des substances qui peuvent, dans certaines conditions, interférer avec le métabolisme de l'iode.
Leur consommation habituelle dans le cadre d'une alimentation variée ne pose généralement pas de problème. La cuisson réduit l'activité de certains composés goitrogènes.
Il n'y a donc aucune raison de supprimer systématiquement les choux et brocolis. Une prudence particulière peut être nécessaire en cas de carence iodée importante ou de consommation exceptionnellement élevée de jus de crucifères crus.
6. Et la digestion dans tout cela ?
Constipation, ballonnements, inconfort après les repas ou modification du transit méritent d'être pris en compte. Quelques habitudes simples peuvent aider :
- Prendre le temps de manger et de bien mastiquer.
- Adapter progressivement les apports en fibres à sa tolérance.
- Consommer des végétaux variés.
- Veiller à une hydratation adaptée.
- Maintenir une activité physique régulière.
Il n'est pas utile de forcer la consommation de crudités, de jus verts ou de légumineuses en grande quantité si ces aliments aggravent les symptômes. Lorsque les troubles persistent, un avis médical peut aider à en rechercher les causes.
7. L'hydratation et les modes de cuisson
Boire suffisamment contribue au fonctionnement normal de l'organisme et au confort intestinal. Les besoins varient selon la température, l'activité physique, l'alimentation et l'état de santé.
Privilégier une eau filtrée.
La vapeur, l'étouffée, le four ou la poêle peuvent tous trouver leur place. Certaines vitamines sont sensibles à la chaleur, cependant la cuisson peut également améliorer la digestibilité des aliments. Le plus utile est de varier les préparations et d'éviter de carboniser les aliments.
8. Ne pas oublier les interactions avec le traitement thyroïdien
L'alimentation peut influencer l'absorption de la lévothyroxine. Le café, certains aliments et les compléments contenant du fer ou du calcium peuvent notamment diminuer son absorption lorsqu'ils sont consommés trop près de la prise.
Respecter les consignes de prise du médicament et signaler les changements importants d'habitudes alimentaires ou de supplémentation au médecin ou au pharmacien reste essentiel.
À retenir : l'alimentation ne remplace jamais un traitement thyroïdien prescrit. Sa modification ou son arrêt relèvent du médecin.
9. Une alimentation personnalisée plutôt qu'une longue liste d'interdits
Avec Hashimoto, je pense qu'il est important de ne pas ajouter une pression alimentaire supplémentaire à une maladie qui peut déjà être fatigante au quotidien.
Certaines personnes ont surtout besoin de retrouver un rythme de repas régulier. D'autres ont intérêt à travailler sur leurs apports nutritionnels, leur digestion ou la composition de leurs assiettes.
Il n'existe pas une alimentation unique adaptée à toutes les personnes atteintes de Hashimoto. L'objectif est d'avancer progressivement, avec des conseils réalistes et compatibles avec votre vie quotidienne.
Sources et références
- NIDDK — Hashimoto's Disease : présentation de la maladie, du traitement et des précautions concernant l'iode.
- Revue scientifique — Gluten et thyroïdite d'Hashimoto : état des données sur les régimes sans gluten.
- British Thyroid Foundation — Diets and supplements for thyroid disorders : conseils sur l'alimentation et les compléments.
- European Thyroid Association — Lévothyroxine et interactions alimentaires : recommandations sur l'utilisation du traitement.
- Assurance maladie — Consommation régulière de poisson : bénéfices nutritionnels et risques liés aux polluants.
Ces informations sont données à titre informatif et ne constituent pas un diagnostic ou une prescription. La naturopathie et la nutrithérapie s'inscrivent en complément du suivi médical et ne remplacent ni les traitements prescrits ni les conseils du médecin.
Qu’est-ce que la thyroïdite d’Hashimoto ? Comment la Naturopathie peut-elle permettre d’aller vers un mieux-être?
L'hygiène nutritionnelle ou l'alimentation anti-inflammatoire
La maladie de Hashimoto étant liée à un état inflammatoire de l’organisme, l’objectif est d’apporter à ce dernier une alimentation anti-inflammatoire et de lui proposer des aliments visant à l’apaiser.
Quatre aliments sont considérés comme inflammatoires dans la thyroïdite d’Hashimoto :
- Le gluten
- Le lait
- Le soja
- Le sucre dans les aliments inflammatoires : que Izabella WENTZ (médecin clinicien aux ETATS UNIS auteur de livres sur la thyroïdite d’Hashimoto) rajoute à la liste
Le laitage et le gluten sont les aliments les plus controversés et les plus inflammatoires de l’organisme.
Les 4 PRINCIPES DE L’ALIMENTATION HYPOTOXIQUE
Exclure les céréales modernes et laitages d'animaux
- Tous les laits d’animaux de toutes origines ainsi que leurs dérivés.
- De nombreuses céréales mutées essentiellement le blé et le maïs. Le Dr Seignalet préconise également l’exclusion de toutes les céréales comportant du gluten (épeautre, millet, orge, avoine, kamut, petit épeautre.) Le sarrasin, riz, restent consommables.
Consommer des aliments crus ou en cuissons douces
- Légumes et fruits frais de saison, de préférence biologiques contenant peu ou pas de pesticides et de fongicides
- Consommer quotidiennement des huiles vierges crues (huile de lin, colza) de qualité, qui apportent des acides gras essentiels pour l’organisme. Éviter les huiles raffinées et margarines.
- Limiter aux maximum les aliments riches en acides gras
- Consommer au maximum les aliments crus
- Cuire le plus brièvement possible, de préférence sans graisse. Les enzymes, vitamines, oligo-éléments sont sensibles à la cuisson (max 110 °C)
- Les cuissons les plus douces sont la vapeur, le bain marie, la cuisson à l’étouffée, on peut aussi pocher ou bouillir même si souvent les minéraux et vitamines se dissolvent dans l’eau de cuisson.
- Pour la cuisson nécessitant de l’huile privilégier l’huile d’olive ou d’arachide, huile de colza et huile d’olive serviront pour l’assaisonnement.
- Éviter les sucres blancs
Diversifier son alimentation
- Toutes les crudités
- Tous les fruits
- Les huiles vierges
- Les fruits secs et oléagineux
- Tous les légumes verts
- Tous les légumes secs ou légumineuses
- Charcuteries crues
- Viande, œuf, poissons, crustacés, mollusques et coquillages. Les coquillages crus sont même conseillés. La viande est sensible à la chaleur et doit être de préférence consommer crus ou avec une cuisson douce.
- Réduire la viande. On privilégiera le bœuf, veaux faciles à consommer crus ou peu cuits. Les charcuteries crues peuvent être autorisées (jambon cru, jambon de Parme..)
- Profiter des condiments et de leurs vertus : sel complet, poivre, vinaigre, citron, oignon, ail, moutarde…
- Sucre complet, miel, pollens sont des produits naturels par excellence. Le chocolat qui est cuit et contient du sucre raffiné doit être limité. On choisira du chocolat noir bio (>75% de cacao) dont le sucre est comple
QUE DOIT-ON DIMINUER OU SUPPRIMER DANS L'ALIMENTATION?
Évitez
- Les aliments transformés, raffinés, industriels contenant des conservateurs inhibiteurs de la thyroïde
- ` Évitez les contenants et emballages plastiques ainsi que les boîtes de conservé
- Évitez les poissons carnivores situés en bout de chaîne alimentaire (riche en mercure) (requin, espadon, marlin, saumon).
- Laits et laitages d’animaux
- Produits allégés en sucre et en gras
- Aliments raffiné
- Alcool et tabac
Aliments goitrigènes
- Certains aliments ont une teneur en nutriments goitrigènes qui peuvent ralentir le fonctionnement de la thyroïde : les crucifères (chou, chou-fleur, brocoli, les radis, le rutabaga) les patates douces, le soja, le manioc, le millet, les arachides. Ces aliments peuvent entraver l’utilisation de l’iode par la thyroïde. Cependant, leur cuisson permet de réduire l’activité des molécules goitrigènes.
PENSER À LA MASTICATION
Il faut également prendre conscience de l’importance de la mastication. La digestion commençant dans la bouche, le manque de mastication a pour conséquence une digestion incomplète. Cela favorisera une dysbiose intestinale et donc une inflammation.
PRIVILÉGIER UNE ALIMENTATION ANTI INFLAMATOIRE
ð Végétaux : la curcumine (curcuma) est particulièrement intéressante dans le traitement des maladies inflammatoires ainsi que le gingérol présent dans le gingembre, le resvératrol dans le vin rouge. La plupart des végétaux ont un effet anti-inflammatoire.
ð Les fruits sont riches en polyphénols (antioxydants) plus particulièrement présents dans les fruits avec en tête les raisins (tannins) canneberges (flavonoïdes) pamplemousses (flavonones) fruits rouges (anthocyanes) baie d’Açaï, pommes, kakis, fraises.
ð Champignons : contiennent des molécules qui stimulent le système immunitaire pleurotes, shiitake, enokitaké
ð Algues marines : elles ont un impact positif sur la fonction immunitaire en réduisant l’inflammation tout en augmentant l’activité immunitaire (Kombu, wakamé).
ð Des jus de légumes verts, des smoothies, des graines germées
PENSER À VOUS HYDRATER
Il est important de boire une eau pure et faiblement minéralisée (1,5L /jour) afin de chasser les toxines.
Sources:
Livres :
« Thyroïde Les solutions naturelles » Dr Philippe VEROLI
« En finir avec la thyroïdite d’Hashimoto Dr Benoit Claeys

